Histoire de Saint‑Aigulin

Chapitre 18

Le sanatorium départemental de Boscamnant

Une cité sanitaire au cœur des pinèdes de la Double saintongeaise

Le Courrier de La Rochelle, 24 avril 1929

24 avril 1929

Annonce de la décision du Conseil général de la Charente-Inférieure concernant la création du Sanatorium départemental de Boscamnant, à proximité de Saint‑Aigulin.

Plan dressé par l’architecte du département diplômé par le gouvernement — Mr M.Morguet — La Rochelle le 20 août 1926

Au début du XXe siècle, face aux ravages de la tuberculose, la médecine privilégie les cures d’air pur au sein de la nature. À la fin des années 1920, le département de la Charente-Inférieure choisit d’implanter un grand sanatorium dans les pinèdes de Boscamnant, un site forestier réputé pour son calme et la qualité de son air. Le projet initial, dévoilé par Le Courrier de La Rochelle le 24 avril 1929, prévoit deux pavillons de cent lits pour accueillir séparément les hommes et les femmes.

Bien que situé sur la commune voisine, cet établissement médical est resté historiquement et profondément indissociable de Saint‑Aigulin.

1934 : Lors de l’ouverture officielle du sanatorium, la gare de Saint‑Aigulin devient la plaque tournante incontournable de l’établissement, voyant transiter quotidiennement les malades, les visiteurs et l’ensemble des approvisionnements.

1934-1970 : Durant plusieurs décennies, la proximité ferroviaire et géographique avec le sanatorium dynamise l’économie de Saint‑Aigulin, de nombreux habitants y trouvant un emploi tandis que les commerces locaux participent au fonctionnement de l'établissement.

2026 : Aujourd’hui encore, reconverti en Centre Hospitalier et EHPAD, le site demeure un pôle d’emploi et de services médico-sociaux majeur pour les habitants de Saint‑Aigulin.

Par son rayonnement régional et l'histoire étroitement partagée avec Saint‑Aigulin, le sanatorium de Boscamnant demeure un chapitre essentiel de la mémoire locale

L'Indépendant de la Charente-Inférieure, 3 octobre 1934

3 octobre 1934

Reconstitution réalisée à partir d'un article publié dans L'Indépendant de la Charente-Inférieure du 3 octobre 1934. Les intertitres numérotés ont été ajoutés pour faciliter la lecture du document.

Cet article de l’Indépendant de la Charente-Inférieure en 1935 — témoigne de l'importance accordée au nouveau sanatorium de Boscamnant, présenté comme un équipement sanitaire de premier plan au service de la lutte contre la tuberculose

Le Sanatorium de Boscamnant vu du ciel

Implanté au milieu de la forêt, l'établissement formait une véritable cité sanitaire entièrement tournée vers le traitement de la tuberculose.

Une réalisation ambitieuse

Conçu pour accueillir plusieurs centaines de malades, l'établissement constitue l'un des plus importants investissements sanitaires réalisés dans le département durant l'entre-deux-guerres.

Les architectes adoptent les principes les plus modernes de l'époque : bâtiments largement ouverts sur l'extérieur, abondance de lumière naturelle, ventilation permanente et orientation étudiée pour bénéficier d'un ensoleillement maximal.

Deux grands pavillons de cure sont construits, l'un destiné aux hommes, l'autre aux femmes.

La construction

À gauche : les travaux de construction du sanatorium.

À droite : le pavillon Est achevé avec ses longues façades ouvertes sur l'extérieur.

L'architecture privilégie la lumière, l'aération et l'ouverture vers les espaces forestiers environnants.

Une véritable cité sanitaire

Le sanatorium ne se limite pas à quelques bâtiments de soins.

Il constitue un ensemble autonome comprenant pavillons de cure, services administratifs, installations techniques, cuisines, espaces de loisirs et équipements médicaux.

L'Amicale d'entraide du sanatorium

Le Journal officiel de la République française annonce la création de l'Amicale d'entraide du Sanatorium de Boscamnant. Cette association avait pour but de développer la solidarité et la camaraderie entre les malades durant leur séjour. La mention « par Saint‑Aigulin » rappelle les liens étroits qui unissaient alors le sanatorium à la commune voisine et à sa gare.

Journal officiel de la République française

22 mars 1940

22 mars 1940. Déclaration de l'Amicale d'entraide du Sanatorium de Boscamnant, en date du 27 février. Ce document témoigne de la vie sociale développée au sein de l'établissement et mentionne explicitement Saint‑Aigulin comme référence administrative et géographique.

Document administratif du 2 septembre 1941

2 septembre 1941

Cette correspondance du receveur-économe illustre l'organisation administrative particulièrement structurée du sanatorium.

Les pavillons de cure

Les bâtiments principaux sont implantés au cœur de plusieurs hectares de pinède.

Leur orientation est soigneusement étudiée afin de favoriser l'exposition au soleil et la circulation de l'air.

Pavillon des femmes

Pavillon des hommes

La cure au grand air

Avant les antibiotiques, la cure d'air constitue l'un des principaux traitements contre la tuberculose.

Les malades passent quotidiennement de longues heures au repos dans des galeries ouvertes sur l'extérieur.

Même durant l'hiver, ils demeurent exposés à l'air des pinèdes, protégés des intempéries mais constamment en contact avec l'environnement naturel.

« La forêt de pins constituait alors un élément essentiel de la thérapie sanatoriale. »

Galerie de cure

Les longues galeries permettaient aux pensionnaires de suivre les cures d'air prescrites par les médecins.

Répartis au milieu de plusieurs hectares de forêt, les bâtiments formaient un véritable village sanitaire. Chaque pavillon bénéficiait d'une orientation étudiée afin de profiter au maximum de la lumière et de l'air extérieur.

La vie quotidienne des pensionnaires

Les journées suivent un rythme particulièrement réglementé.

Les soins alternent avec les repas, les périodes de repos, les promenades autorisées et les activités collectives.

Afin de lutter contre l'isolement lié à des séjours souvent très longs, des espaces de convivialité sont aménagés.

Chambre individuelle

Salle de jeux et de fêtes

Spectacles, conférences et animations contribuent à améliorer le quotidien des malades.

Salle à manger

Des équipements médicaux modernes

Le Sanatorium départemental de Boscamnant dispose d'équipements remarquablement avancés pour son époque.

Les médecins y pratiquent examens radiologiques, analyses bactériologiques et interventions spécialisées.

Cette modernité témoigne de l'importance accordée à la lutte contre la tuberculose durant les années 1930.

Cabinet médical

Salle de stérilisation et d'opérations

Laboratoire d'analyses bactériologiques

Salle de radiologie

Escalier central et ascenseur

La présence d'un ascenseur constitue alors un équipement particulièrement moderne pour un établissement hospitalier situé en milieu rural.

L'installation d'un ascenseur et d'équipements techniques avancés témoignait du haut niveau de modernité de l'établissement.

Du sanatorium à l'hôpital contemporain

À partir des années 1950, l'apparition des antibiotiques entraîne un recul progressif de la tuberculose.

Comme de nombreux établissements similaires en France, le sanatorium de Boscamnant voit sa mission évoluer.

L'établissement est progressivement réorienté vers d'autres activités médicales et médico-sociales tout en conservant sa vocation sanitaire.

Aujourd'hui, le site accueille : le Centre Hospitalier, un EHPAD, plusieurs services médico-sociaux.

Depuis près d'un siècle, ce vaste domaine de santé demeure un acteur essentiel de la prise en charge médicale dans le sud de la Charente-Maritime.

Vue aérienne du domaine dans la seconde moitié du XXe siècle — Les dimensions du complexe sanitaire apparaissent clairement au cœur de la forêt de la Double saintongeaise.

Pendant plusieurs décennies, le Sanatorium départemental de Boscamnant fut un lieu d'espoir pour des milliers de malades venus chercher dans les pinèdes de la Double saintongeaise les conditions favorables à leur guérison.

Par son importance médicale, son rayonnement départemental et les liens étroits qu'il entretint avec Saint‑Aigulin, il marqua durablement l'histoire du territoire.

Son héritage demeure aujourd'hui à travers les structures hospitalières et médico-sociales qui occupent toujours le site, perpétuant ainsi une vocation sanitaire née il y a près d'un siècle au cœur de la forêt de la Double.